
Faire une psychothérapie ?
Si les difficultés sont déja très anciennes, quelques consultations ne suffiront sans doute pas. Une psychothérapie sera alors nécessaire.
« Vous ne comprenez rien à ce qui vous arrive. Personne n’y comprend rien. Moi non plus. C’est le travail que nous allons faire ensemble qui va nous éclairer.«
Françoise Dolto, Une éthique de la relation analytique, 1984.
Qu’est ce qu’une psychothérapie analytique ?
Contrairement à beaucoup d’autres formes de traitement psychopathologique et en particulier les médicaments psychotropes, psychothérapie psychanalytique ne va pas seulement travailler sur les symptômes mais va remonter à leur cause en cherchant à les lier aux pulsions inconscientes (désirs, défenses et résistances…). Il va s’agir de faire émerger, par la parole et avec l’aide du psychanalyste, ce qui, pour chacun, au travers de son histoire va venir donner sens à sa vie et former ses différentes identités. Au travers de cette connaissance, il va être possible de se réconcilier avec des parties de soi même qui jusqu’alors ne s’exprimaient que sous forme de symptômes et de « récupérer ses facultés d’agir et de jouir de l’existence », (Freud).
Lorsque la souffrance psychique à laquelle quelqu’un est soumis devient insupportable, dépression, angoisse ou autre symptôme, une psychothérapie va devoir être envisagée. Il va alors s’agir pour la personne de se confronter à ce qui fait difficulté pour elle. Le psychanalyste, par une attitude active, va l’aider dans ce processus.de compréhension de la cause de ses symptômes pour les dépasser.
Ainsi, l’objectif de la psychothérapie va être d’élucider la cause des troubles et non de se focaliser sur un traitement purement symptomatique. Ce qui veut dire que le patient va avoir un rôle important dans le processus de transformation psychique. Contrairement aux médicaments psychotropes qui agissent de l’extérieur et sans intervention de la personne, ici, le patient va devoir se mettre activement au travail par la parole pour élucider et élaborer le sens de ses symptômes.
Les difficultés les plus fréquentes que nous rencontrons
Même si le travail psychanalytique s’attache davantage à la problématique globale d’un individu qu’à ses symptômes, ceux ci motivent souvent la demande de consultations.
Ainsi, parmi les plus fréquents, nous pouvons citer :
les prises chroniques de médicaments psychotropes, les troubles obsessionnels compulsifs TOC, les manifestations névrotiques (obsessionnels, hystériques, phobiques), les perversions, les difficultés particulières liées à la sexualité, les addictions diverses (aussi bien comportementales : à internet qu’à une substance toxique : alcool, tabac, toxicomanie), l’angoisse, le stress ou le syndrome post-traumatique, le burn-out, les différences formes de dépression y compris les troubles bipolaires, les troubles des conduites alimentaires, de l’attention, les problèmes du comportement (surtout pour les enfants), les conflits familiaux (surtout dans les thérapies de couple).
Psychothérapie ou psychanalyse ?
La psychothérapie analytique partage beaucoup de choses avec la cure psychanalytique. Sa théorie de l’inconscient et de ses formations, ses concepts sont les mêmes, appuyés sur les travaux des différents psychanalystes depuis le début du XXe siècle et les travaux inauguraux de Sigmund Freud. Néanmoins, on peut noter certaines différences. La cure analytique inclut une dimension de connaissance de soi qui est plus importante ; elle est moins centrée sur la résolution directe des symptômes mais plus sur l’investigation de l’inconscient et de ses formation. Même si ce travail produit de fait un apaisement, voire une disparition des symptômes, l’objectif est quand même de se connaître et d’acquérir ainsi une beaucoup plus grande liberté par rapport à ce qui met en œuvre le désir et pouvait être source de conflits intrapsychiques.
Les indications d’une psychothérapie analytique
La psychothérapie analytique en face à face peut être une meilleure orientation qu’une cure psychanalytique pour de multiples raisons. La première sera la demande du consultant qui concerne essentiellement des symptômes liés à sa vie actuelle et ne s’inscrit pas d’emblée dans un travail de longue durée. Il arrive d’ailleurs que certaines psychothérapie commencée en face à face se transforme en psychanalyse sur le divan au fil du temps.
D’autres fois, pour certaines personnes il est déconseillé de travailler allongé sur un divan. La proximité visuelle avec l’autre en face à face peut être un appui nécessaire et témoigner d’un vécu abandonnique. Ainsi pour certaines personnes parler sur un divan peut se révéler anxiogène dans la mesure où, pour eux, le destinataire de leur parole doit être clairement identifié et perçu comme un appui.
Pour d’autres personnes, au contraire, ne pas voir l’analyste peut faciliter la dimension d’une parole associative libre sans retomber dans l’illusion d’une parole sociale voire d’une conversation.

Durée d’une psychothérapie ?
Si on peut dire que les séances de psychothérapie durent entre trois quart d’heure et une heure, la durée totale de la thérapie analytique va être difficile à prévoir. En effet, beaucoup d’éléments sont en jeux. Elle peut varier de quelques mois à quelques années suivant la structure psychique de la personne, l’ancienneté et l’importance de ses symptômes, sa vitesse d’élaboration, la fréquence des séances, sa motivation personnelle… Si le patient est évidemment libre d’arrêter sa thérapie à tout moment, il peut arriver que cette décision d’arrêter se fasse sous la pression de résistances au travail et qu’elle apparaisse au thérapeute comme un passage à l’acte pour « court-circuiter » le travail c’est-à-dire comme une manière d’éviter de rencontrer des éléments trop douloureux. Il sera alors utile de prendre son temps pour arrêter et d’entendre ce que peut en dire l’analyste.